27 et 28 juin 2026
du vin
autrement
BWA (Belgian Wine Alternative)
Belgique
BWA est un tout jeune groupement de vignerons belges (et hollandais) qui travaillent avec des cépages interspécifiques résistants (mieux) aux maladies à la vigne, et en “nature” à la cave. En plantant ces variétés, et en les vinifiant sans intrant, ils veulent montrer qu’une viticulture pour laquelle le vigneron n’est plus gestionnaire de pathologies à la vigne et correcteur de jus à la cave, mais accompagnateur de la croissance de la plante, et observateur de fermentations est possible.
Seront présents dans la cour à côté de la Grange pour vous faire goûter leurs cuvées :
- Servaas Blockeel (Het Lijsternest à Courtrai),
- Mark Longin (Terroir Terwaer à Ninove),
- Gentiane et Arthur Joskin (Dalaheim Castellum à Dalhem),
- Franck Vandenbulcke (La Voix des Mélés à Mons),
- Jonasz et Martin (Le Nectar à Gembloux/Grune),
- Pablo Cremers (Les Pieds dans la Dyle à Ottignies).
“Le phylloxéra est arrivé en Europe vers 1870 dans la terre de pots contenant des cépages dits “américains”. Pour répondre à la crise majeure que ce puceron ravageur faisait subir au vignoble français, deux axes de travail ont été empruntés.
L’axe horizontal : GREFFER les variétés européennes sur les racines résistantes au puceron. La méthode est rapide, en quelques années le vignoble est à nouveau sur pied. Mais la partie aérienne est sensible aux deux autres fléaux importés avec les plants américains : Mildiou et Oïdium. L’industrie des produits phytosanitaires débordera d’ingéniosité pour proposer des solutions qui mèneront rapidement à la dépendance totale du vignoble à leurs produits.
L’axe vertical : HYBRIDER, obtenir une nouvelle variété par pollinisation de deux plantes (américaine + européenne, puis américano-européenne + européenne, et ainsi de suite…) afin de brasser les patrimoines génétiques et d’embarquer les gènes de résistance au phylloxéra certes, mais également aux autres maladies cryptogamiques. La méthode est lente, il faut plusieurs années pour aller du pépin d’une variété nouvelle à la bouteille, et plusieurs décennies pour multiplier les rétrocroisements et obtenir des variétés mieux adaptées à ces nouveaux pathogènes, aptes à produire, sans ou avec beaucoup moins de traitements, des vins de qualité organoleptiquement comparable à leur ancêtres vitis vinifera.
Nous pensons que les lobbys de l’industrie des produits phytos ont joué, par intérêt financier, un rôle dans le dénigrement et la campagne d’arrachage de ces nouvelles plantes qui constituaient près de 30% de l’encépagement français jusque dans les années 60. Nous sommes convaincus que les hybrides, à l’instar des vinifera, sélectionnés en adéquation avec un terroir et un climat, et vinifiés par des artisans de talent, expriment autant le sol, le climat, le travail et la sensibilité du vigneron.
Nous constatons avec joie et sérénité qu’en plantant ces variétés, et en les vinifiant sans intrant, on se projette d’emblée dans une viticulture pour laquelle le vigneron n’est plus gestionnaire de pathologies à la vigne et correcteur de jus à la cave, mais accompagnateur de la croissance de la plante, et observateur de fermentations.“

